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Informations française: Bientôt cinq plaintes déposées contre l’hôpital de Remiremont

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Quatre plaintes pour homicide involontaire et une pour mise en danger de la vie d’autrui, c’est beaucoup pour le même établissement. L’hôpital de Remiremont (88) est dans la tourmente judiciaire. Et ce n’est peut-être que le début.

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C’est l’avocate spinalienne Nancy Risacher qui a lancé l’alerte en déposant récemment trois plaintes pénales, toutes contre X et toutes visant l’hôpital de Remiremont dans les Vosges. Une autre plainte avait déjà été déposée auparavant par une de ses collègues, dont elle a repris le dossier. Et un cinquième, en cours de rédaction, sera déposé en début de semaine prochaine. Quatre de ces plaintes sont pour homicide involontaire, la dernière pour blessure et mise en danger de la vie. Des accusations graves, avec des cas de décès inexpliqués étrangement similaires.

Deux décès dus à des fractures du fémur

Lorsque Martine Souque, 67 ans, a été hospitalisée à Remiremont pour une fracture du fémur en juillet 2022, aucune de ses filles ne s’attendait à ce qu’elle meure à l’hôpital. D’autant plus que l’opération de leur mère s’est bien déroulée et qu’elle devait partir en centre de rééducation. Mais Martine Souque est décédée subitement le jour où elle devait être libérée. Ses filles ne comprennent pas : que s’est-il passé ?
Aucune explication claire et cohérente ne leur a été donnée, malgré leur insistance à comprendre. « Ils se sont heurtés à un mur, un manque de communication de la part des équipes hospitalières et parfois même des réflexions désagréables », note Me Risacher.
Pourtant, le coeur du problème est ailleurs : le dossier de suivi médical est complètement nébuleux, contient « plusieurs incohérences, manque de données, éléments troublants », de sorte qu’il est « impossible de reconstituer l’historique de la prise en charge du patient ». Tout ce que l’on sait, c’est qu’elle s’est plainte de maux de dos, puis peu après de douleurs à la poitrine, avant d’être retrouvée inconsciente. Mais a-t-elle été traitée pour ces symptômes ? C’est un mystère. Et était-elle morte lorsqu’elle a été retrouvée inconsciente ? « On peut le penser, puisque selon son dossier médical, elle était déjà en hypothermie. Mais avec une tension artérielle de 6 ! Comment est-ce possible ? », souligne l’avocat.
Alors que cette affaire faisait l’actualité, le fils d’une femme décédée en juillet 2020 a contacté Me Risacher et lui a raconté plus ou moins la même histoire. Sa mère de 78 ans a également été hospitalisée à Remiremont suite à une fracture du fémur et elle aussi est décédée subitement quelque temps après son opération. Son dossier médical indique qu’elle a été soignée par le même chirurgien et le même anesthésiste que Martine Souque… Le fils de cette patiente n’a pas non plus obtenu d’explication claire sur le décès de sa mère, mais il se souvient qu’elle n’allait pas bien du tout et avait téléphoné qu’il vienne la chercher…

Deux décès par pancréatite aiguë

Autre décès inexpliqué : celui d’une femme de 59 ans, Iréna Rouillon, hospitalisée à Remiremont en mai 2022 pour une pancréatite aiguë. Le patient est décédé subitement, là encore sans explications valables et avec un dossier médical plein d’incohérences et d’énigmes dans la prise en charge.

Comme auparavant, la médiatisation de cette affaire en a fait émerger une autre, puisque Me Risacher a été contacté il y a peu par le mari de Claudette Zanin, une femme de 51 ans, également décédée à l’hôpital de Remiremont en décembre 2018 suite à une pancréatite aiguë, toujours dans des circonstances très obscures.

« A chaque fois, ces décès s’expliquent par un arrêt cardiaque ou une défaillance multi-viscérale, mais ce ne sont pas des explications. Que s’est-il passé pour que ces patients se détériorent soudainement ? Et les symptômes ont-ils vraiment été gérés et tous les efforts ont-ils été faits pour prévenir ces aggravations ? Au vu des dossiers de suivi médical fournis, on peut sérieusement en douter », insiste l’avocat du barreau d’Epinal, pour qui « les familles des malades, maintenues dans une sorte d’opacité, ont le droit de connaître la vérité ». ”.

Dix côtes cassées sont passées inaperçues

Dans ce dernier cas, heureusement il n’y a pas eu de mort, mais le pire aurait pu arriver, d’où la plainte pour blessure et mise en danger de la vie. Il s’agit d’un homme de 46 ans, hospitalisé à Remiremont en octobre 2022 après une chute d’un toit. Malgré ses douleurs et ses difficultés respiratoires, l’équipe médicale n’a rien décelé d’anormal au scanner et l’a laissé rentrer chez lui avec une prescription de Doliprane. Environ trois semaines plus tard, la douleur étant insupportable, l’homme a finalement passé une radiographie dans un centre d’imagerie médicale d’Essey-lès-Nancy. Le résultat est net et sans appel : dix côtes cassées !
« C’est incompréhensible et les conséquences auraient pu être très graves si l’une des côtes avait touché la rate, le foie ou les poumons », dit Mme Risacher qui, même si elle est consciente du manque de moyens et de personnel dans les hôpitaux , considère qu’on ne peut accepter de tels échecs.

Enquêtes judiciaires en cours

Concernant les morts inexpliquées, le parquet d’Épinal a ouvert une information judiciaire « contre X pour homicide involontaire » et le procureur de la République, Frédéric Nahon, a renvoyé l’affaire devant les juges d’instruction. Les investigations devront préciser s’il y a eu ou non des erreurs médicales dans les différents dossiers.

De son côté, la direction de l’hôpital de Remiremont s’est dite « désolée de la situation ». Son directeur, Dominique Cheveau, a précisé que les patients avaient bénéficié d’une « prise en charge dans les règles de l’art » par une « équipe chirurgicale expérimentée ». Il a conclu : « Nous ne demandons qu’à comprendre ce qui s’est passé ».

Cependant, l’affaire risque de s’aggraver. En effet, plusieurs familles ont contacté Me Risacher ces derniers jours pour signaler des cas similaires de décès suspects à l’hôpital (et pas seulement à Remiremont). Même si, après examen, toutes ne déboucheront pas sur le dépôt de plaintes, il est fort probable que la liste des plaignants s’allongera.

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